Histoire : au Moyen-âge

L'abbaye de Stavelot

On trouve mention de Landrichamps dans des textes datant du 9ème siècle, il s'agit de documents issus des archives de l'abbaye de Stavelot, située près de Liège.

Ces documents d'abbaye écrits en latin ont d'abord été recopiés par les moines Martène et Durand durant l'une de leurs missions à travers les abbayes de Belgique et d'Allemagne. Ils sont consignés dans un ensemble de plusieurs volumes appelé «Amplissima Collectio», paru en 1724. Nous les trouvons commentés par C.G. Roland, chanoine de la cathédrale de Namur, dans «Les anciennes propriétés de l'abbaye de Stavelot-Malmedy dans les ardennes françaises», C.G. Roland, 1885, extrait du Tome XVI des Annales de la Société archéologique de Namur.

Enfin, les commentaires de C.G. Roland ont été compilés dans le Tome V de la revue historique ardennaise, paru en 1898, par Paul Laurent, historien-archiviste ayant travaillé aux Archives départementales des Ardennes à Charleville, dont il était le directeur en 18871).

Parmi les documents conservés, deux diplômes destinés à l'abbaye de Stavelot, dont Ghislebert de Lotharingie était l'abbé laïc. L'un rendu par le prince Lothaire II le 13 avril 862, l'autre par Louis le Germanique le 10 juin 874. Ces deux textes confirmaient que la paroisse de Chooz, dont Landrichamps ressortissait, appartenaient à l'abbaye Stavelot.

On y apprend aussi qu'en 924, un noble nommé Héribert s'était rendu à l'abbaye en vue d'y faire l'acquisition de Landrichamps. En retour celui-ci promet de céder Foisches à la principauté de Stavelot après sa mort ainsi que celle de sa femme et ses deux fils. Le marché ne sera conclu que 5 ans plus tard, en 929. Landrichamps comptait alors quatre manses, un moulin, des prés et un bois, et avait une population de 43 serfs des deux sexes.

Nous n'avons pas trace de l'acte par lequel l'abbaye de Stavelot a acquis Chooz et Landrichamps. C'est le 24 mai 1772 que l'évêque de Liège, François-Charles de Velbruck, cède à la France la souveraineté de Chooz et d'autres villages.

Ci-dessous sont reproduits les textes, d'abord la version de Paul Laurent, puis la version en latin par Martène et Durand issue des archives de l'abbaye Stavelot.

Revue historique ardennaise

Le passage concernant Landrichamps et Héribert semble être une traduction fidèle du texte latin de Martène & Durand, ci-après.

Revue historique ardennaise, Paul Laurent, tome cinquième, 1898. Extraits du chapitre «Chooz», pages 68-70 du livre (page 92 sur 399 du PDF).

Amplissima Collection, Martène & Durand

Martène et Durand sont des moines de l'abbaye Stavelot ayant eu pour tâche de retranscrire et imprimer des chartes collectées depuis les archives de différentes abbayes de France, Belgique, Pays-Bas et de l'Allemagne.

Le passage repris par Paul Laurent commence en bas à droite de la première image (…quidam illuftris vir nomine Herebertus…). En latin, vir = homme, Herebertus = Héribert.

Veterum scriptorum et monumentorum moralium, historicorum, dogmaticorum, moralium, amplissima collectio, Tome 2, Edmundi Martene & Ursini Durand, 1724. Pages 117 et 118 du PDF.

Blason de Landrichamps

Le blason de Landrichamps a été conçu et adopté par la commune en 2002, il est inspiré de ces faits du Moyen-Âge.

Blason de Landrichamps

Les explications suivantes sont données concernant l'origine des symboles entrant dans la composition :

  • La pointe de sinople symbolise les collines boisées formant l'horizon et faisant de Landrichamps un village «du bout du monde»
  • La devise ondée rappelle la Houille
  • Les arbres évoquent la forêt toute proche
  • Le loup figure dans le blason de l'abbaye de Stavelot, dont Landrichamps faisait partie de la principauté au Xème siècle. Dans la légende, le loup serait le diable en personne, qui a dévoré l'âne de Saint Remacle utilisé pour la construction de l'abbaye. Celui-ci ordonna au loup de remplacer son âne 2) 3).

D'autres versions du blason sur Wikipédia : 1, 2

Vocabulaire héraldique

Chronologie du IXème et Xème siècle

13 avril 862 : le roi Lothaire II confirme à l'abbaye de Stavelot ses nombreuses possessions, dont la villa de Chooz dans le comté de Lomme. 4)

10 juin 874 : le roi Louis le Germanique confirme à l'abbaye de Stavelot les privilèges qui lui avaient été octroyés et les biens qu'elle avait acquis antérieurement, entre autres le village de Chooz dans le comté de Lomme. 5)

924 : Héribert se rend au monastère de Stavelot afin de faire part de sa demande d'acquérir Landrichamps.6).

924 : Extrait de Mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers, publiés par l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1879 : «Landrichamps faisait partie de la Famenne. Il y a donc erreur dans la désignation du pagus, à moins de supposer qu'une partie de cette localite, placée sur les confins du pagus de Lomme, fut située sur la rive gauche de la Meuse dans ce pagus.» Plus loin, même ouvrage : «Quant à Chooz, Couvin, Dinant, Florennes , Fosses, Hastière-la-Vaux, Landrichamps, Wellin, Revin, et Waulsort, sis dans les doyennés de Florennes et de Chimay, ces paroisses étaient sans aucun doute dans le pagus moyen de Lomme.»

929 : Charte de cession de Landrichamps à Héribert. En retour celui-ci promet de céder Foisches à la principauté de Stavelot, après sa mort ainsi que celle de sa femme et ses deux fils. Landrichamps comptait quatre manses, un moulin, des prés et un bois, avec une population de 43 serfs des deux sexes.7)

Au début du XVIème siècle, Landrichamps dépend d'Agimont. 8). (…) Les villages de Sevry, de Landrichamps et de Gochenée étaient depuis peu d'années réunis à la seigneurie d'Agimont. (…) Landrichamps, village français situé sur la Houille, près de Felennel est déjà mentionné en 924 comme faisant partie du comté de Lomme : «Landricum campum super fluvium Huia, in comitatu Lomensi.» Martène et Durand, Ampiissima Collectio, t. II, col. 40. Nous le trouvons cité pour la première fois en 1514 parmi les dépendances d'Agimont. BORMANS, Seigneuries féodales, p. 10 (bulletin de l'institut archéologique liégeois, p482, chapitre agimont, 1856.

Compléments

4) , 5) , 6) , 7)
Source : Revue historique Ardennaise, Paul Laurent
8)
Source : BORMANS, Seigneuries féodales, p. 10. bulletin de l'institut archéologique liégeois, p482, chapitre agimont, 1856. 6 avril 1558, Charles Quint désire couvrir de forteresses les pays de Namur et de Liège. (…) En conséquence, Marie, reine douairière de Hongrie, au nom de l'empereur, acheta au comte Louis de Stolberg, pour la somme de 145,000 livres de quarante gros, la seigneurie d'Agimont avec ses dépendances, savoir : Givet-Saint-Hilaire et Givet-Notre-Dame, Fromelenne et Flohimont, Aviette et Charnois, Heer et Herlette, Feschaux et Lezicourt, Ferage, Finnevaux et Maisoncelle, Mesnil-Saint-Blaise et Mahoux, Winenne, Dion-le-Mont et Dion-le-Val, Javingue et Sevry, Vonéche, Bourseigne-Vieille et Bourseigne-Neuve, Hargnies, Felenne, Landrichamps et Gochenée((Source : Annales de la Société archéologique de Namur, 1849

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