Histoire : au Moyen-âge

L'abbaye de Stavelot

On trouve mention de Landrichamps dans des textes datant du 9ème siècle, il s'agit de documents issus des archives de l'abbaye de Stavelot, située près de Liège.

Ces textes nous ont été rapportés par Paul Laurent, historien-archiviste ayant travaillé aux Archives départementales des Ardennes à Charleville, dont il était le directeur en 18871), et auteur du livre «Revue historique ardennaise». Ces documents d'abbaye écrits en latin ont d'abord été recopiés par les moines Martène et Durand durant l'une de leurs missions à travers les abbayes de Belgique et d'Allemagne. Elles sont consignées dans un ensemble de plusieurs volumes appelé «Amplissima Collectio», paru en 1724 et dont Paul Laurent s'est servi pour écrire sa revue historique ardennaise, parue en 1898.

Parmi ces documents, deux diplômes destinés à l'abbaye de Stavelot, dont Ghislebert de Lotharingie était l'abbé laïc. L'un rendu par le prince Lothaire II le 13 avril 862, l'autre par Louis le Germanique le 10 juin 874. Ces deux textes confirmaient que la paroisse de Chooz, dont Landrichamps ressortissait, appartenaient à l'abbaye Stavelot.

On y apprend aussi qu'en 924, un noble nommé Héribert s'était rendu à l'abbaye en vue d'y faire l'acquisition de Landrichamps. En retour celui-ci promet de céder Foisches à la principauté de Stavelot après sa mort ainsi que celle de sa femme et ses deux fils. Le marché ne sera conclu que 5 ans plus tard, en 929. Landrichamps comptait alors quatre manses, un moulin, des prés et un bois, et avait une population de 43 serfs des deux sexes.

Ci-dessous sont reproduits les textes, d'abord la version de Paul Laurent, puis la version en latin par Martène et Durand issue des archives de l'abbaye Stavelot.

Revue historique ardennaise

Le passage concernant Landrichamps et Héribert semble être une traduction fidèle du texte latin de Martène & Durand, ci-après.

Revue historique ardennaise, Paul Laurent, tome cinquième, 1898. Extraits du chapitre «Chooz», pages 68-70 du livre (page 92 sur 399 du PDF).

Amplissima Collection, Martène & Durand

Martène et Durand sont des moines de l'abbaye Stavelot ayant eu pour tâche de retranscrire et imprimer des chartes collectées depuis les archives de différentes abbayes de France, Belgique, Pays-Bas et de l'Allemagne.

Le passage repris par Paul Laurent commence en bas à droite de la première image (…quidam illuftris vir nomine Herebertus…). En latin, vir = homme, Herebertus = Héribert.

Veterum scriptorum et monumentorum moralium, historicorum, dogmaticorum, moralium, amplissima collectio, Tome 2, Edmundi Martene & Ursini Durand, 1724. Pages 117 et 118 du PDF.

Blason de Landrichamps

Le blason de Landrichamps a été conçu en 2002, il est inspiré de ces faits du Moyen-Âge.

Blason de Landrichamps

Les explications suivantes sont données concernant l'origine des symboles entrant dans la composition :

  • La pointe de sinople symbolise les collines boisées formant l'horizon et faisant de Landrichamps un village «du bout du monde»
  • La devise ondée rappelle la Houille
  • Les arbres évoquent la forêt toute proche
  • Le loup figure dans le blason de l'abbaye de Stavelot, dont Landrichamps faisait partie de la principauté au Xème siècle.

Vocabulaire héraldique

Chronologie du IXème et Xème siècle

13 avril 862 : le roi Lothaire II confirme à l'abbaye de Stavelot ses nombreuses possessions, dont la villa de Chooz dans le comté de Lomme.2)

10 juin 874 : le roi Louis le Germanique confirme à l'abbaye de Stavelot les privilèges qui lui avaient été octroyés et les biens qu'elle avait acquis antérieurement, entre autres le village de Chooz dans le comté de Lomme. 3)

924 : Héribert se rend au monastère de Stavelot afin de faire part de sa demande d'acquérir Landrichamps.4)

929 : Charte de cession de Landrichamps à Héribert. En retour celui-ci promet de céder Foisches à la principauté de Stavelot, après sa mort ainsi que celle de sa femme et ses deux fils. Landrichamps comptait quatre manses, un moulin, des prés et un bois, avec une population de 43 serfs des deux sexes.5)

Compléments

2) , 3) , 4) , 5)
Source : Revue historique Ardennaise, Paul Laurent

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